Le « chemin de sa personne » est une œuvre-outil issue de plusieurs années de réflexions sur les relations entre art, hôpital et usages. A partir de ce travail, une communauté d’acteurs est invitée à penser ensemble de nouvelles relations autour des places et des pensées de chacun dans l’institution (patients, professionnels, artistes, bénévoles et institution). Cette œuvre architecturale souhaite offrir davantage de visibilité aux actions transversales menées dans l’hôpital, celles qui concernent la politique de démocratie sanitaire dans laquelle l’art peut contribuer à mettre en lumière certains aspects symboliques et relationnels. (Direction de projet : Laura Innocenti / Co Direction artistique : Arnaud Théval)

2020

Une œuvre de l’artiste Arnaud Théval et du collectif d’architectes Cancan

L’œuvre «Le chemin de sa personne» est une composition spatiale et symbolique réalisée à partir d’objets, de mots, de couleurs recueillis lors de nos rencontres avec les professionnels, les patients et les passants lors des P.P.P (performance poétique et politique). Les impressions perçues dialoguent avec nos imaginaires pour ensuite émerger plastiquement dans l’espace public de l’institut Bergonié. Cet hôpital en mutation architecturale permanente voit avec la construction du bâtiment « Pôle José Rieffert », son centre historique devenir un cœur l’îlot délaissé, étrangement en décalage avec la modernité affiché à son entrée En nous appuyant sur les indices dans les récits sur la difficulté de se repérer dans l’espace, de se repérer dans le brouillard émotionnel lorsque l’on découvre sa maladie, de se retrouver dans des métiers du soin de plus en plus pressurés par l’orientation ambulatoire de l’hôpital et en découvrant que le nord semble avoir été perdu jusque dans les ailes des bâtiments…

 

Nous proposons de nous saisir de ce centre « urbain » pour inventer un espace invitant à une forme d’appropriation nouvelle et à un ralentissement pour tenter de nous penser autrement dans les relations. L’ambition du processus artistique se veut politique dans le sens où son processus même de fabrication est irrigué par les enjeux structurels de l’hôpital, agité par ses questions d’éthiques et perméable à aux tensions sociales

La pièce « Le chemin de sa personne » prend la forme d’une série de lieux architecturés, lumineux et imagés invitant à des modes d’appropriations variés. Le projet est au carrefour de l’institut sur le plan géographique et il se nourrit au fur et à mesure par incrémentation successif d’apports d’autres artistes ou usagers dont les créations viennent prendre place dans des petits abris ou avec de nouvelles formes. Lieu d’exposition de la parole il est alimenté par des questionnements sur l’éthique et la relation à l’émergence de paroles des uns et des autres sous différentes formes. 

 

 

L’incrémentation de l’œuvre est un mouvement à saisir pour permettre à celle-ci d’exister par les acteurs de l’hôpital. La pièce est à traverser comme à vivre mais si et seulement si chacun des acteurs la perçoit comme un espace des possibles plus que comme une fin en soi.

Autrement dit, cette approche esthétique et politique au cœur d’un institut en pleine mutation peut-elle ouvrir des pistes de réflexions sur un ralentissement du dispositif et de nos propres impatiences, pour une autre forme d’hospitalité ?

« Le chemin de sa personne » est une invitation ouverte pour penser nos relations aux corps soignants, soignés et passagers, en construisant un espace intermédiaire et horizontal, un lieu ouvert

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Art & Hospitalité

La résidence d’Arnaud Théval et l’émergence du projet Le Chemin de sa personne à l’Institut Bergonié ont permis de concevoir qu’un artiste fasse partie de l’hôpital, de créer une habitude de travail mais aussi une culture commune hospitalière. L’art à Bergonié a favorisé le croisement des relations entre les acteurs hospitaliers, les personnes en soin et la société civile.

La première étape du projet de l’artiste en association avec collectif d’architectes CANCAN fut le nouvel Espace de Rencontres et Information qui a ouvert ses portes en février 2021 au centre de l’Institut. Feront suite, avant la fin d’année 2021, le Passage du cœur battant, la Place de l’arc-en-ciel et le Sablier Inversé. Après l’émergence physique du Chemin, d’autres artistes, professionnels et amateurs, seront invités à son incrémentation.

Ainsi, l’Institut Bergonié accueillera diverses formes artistiques et culturelles au sein des lieux réinventés.

En 2022, la philosophie de cette œuvre dispositif s’inscrit dans le Projet d’Etablissement non seulement comme outil de travail transversal aux items de ce dernier mais aussi dans la volonté de créer des liens entre Art, Cultures et Hospitalité. L’enjeu de la seconde étape du projet est l’appropriation de ce dispositif par les acteurs de l’hôpital (professionnels, patients, passants). Une nouvelle équipe de professionnels (art et culture) viendra consolider le projet pour construire des médiations et de nouvelles œuvres (incrémentation). Le Chemin de sa personne s’ouvrira aussi vers l’extérieur, permettant l’entrée des passants et des voisins. Cette année verra l’écriture d’un véritable projet de médiation autour du Chemin vers les établissements scolaires mais aussi au sein de l’Institut avec la formation du personnel de santé à partir du dispositif en place.

Dans le même temps Le Chemin pourra poursuivre dans la mutation des espaces hospitaliers. Le personnel hospitalier commence à demander des restructurations de leurs espaces de travail et d’accueil. Le projet artistique et culturel devient alors structurant d’une forme d’hospitalité, pensé avec les équipes, et les patients.

Les artistes du chemin

Laurent Derobert, artiste

 

 

 

 

 

Les incrémentations du chemin – n°1

En octobre 2021, j’entrai en résidence à l’institut Bergonié avec l’idée d’y développer une algèbre existentielle des instants que j’y observerais.

Une algèbre fidèle à son origine (l’algèbre est historiquement science des fractures), arpentant les écarts entre les êtres et mondes pour en chercher une expression rigoureuse et sensible. Trois jours et trois nuits, je sillonnais, observais, questionnais, tentais une mathématique des vies qui s’offraient par moments au regard, à l’écoute. Mais je perçus vite l’aporie : si l’algèbre est restauration de ce qui s’est brisé, elle est vaine face aux vies brisées à jamais. Plutôt qu’une algèbre je cherchais alors une voie en géométrie. Une géométrie dans l’espace, ou plutôt une géométrie du temps dans l’espace, qui dise le temps des âmes tressé à celui des astres. Et de là proposer une pièce de mémoire individuelle et collective, au cœur et à la cime de l’Institut Bergonié (l’ancien bloc opératoire du dernier étage central). Une pièce où se dessinerait délicatement comme une constellation des jours sublimes de nos vies.

Mais avant d’en préciser les contours, quelques mots sur les chemins qui m’y ont conduit.

Time is out of joint. L’expression d’Hamlet me revenait sans cesse dans l’enceinte de Bergonié. Un temps disjoint, sorti de ses gonds, renvoyant à une césure inouïe entre le rythme des horloges et celui des âmes. Les confidents me disaient l’éternité des minutes en salle d’attente, l’infime des décennies, le temps rompu à l’instant de l’annonce. Comme si l’élasticité du temps, connue relativement par tous, trouvait sa valeur infinie dans les murs de l’hôpital, absolue désarticulation entre le mouvement des montres et celui des hommes. J’espérais les réarticuler, le temps des astres avec celui des êtres.

Puis le livre de mémoire de la salle de recueillement où se confiaient les proches des disparus me renversait. Ses pages émues évoquant souvent un jour, une heure dans la vie du défunt qui avait comme exprimé le fonds de son âme dans la mémoire de son ami, sa fille, son père, sa sœur. Un livre de jours qui disaient des vies. J’espérais un livre où l’on puisse confier de notre vivant les jours de nos vies.

Au terme de la seconde nuit, j’allai au bloc désert et désarmé du 7e étage, pour voir poindre à l’horizon les premiers rayons du soleil. A 8h05 il se levait et sa lumière frappant un petit miroir négligemment posé se reflétait en un petit cercle qui cheminait au plafond, lentement, comme un écho de la course de l’astre. Je me souvenais alors des travaux d’Athanase Kircher, ce dernier homme à tout savoir qui, combinant la science des miroirs et celle du mouvement des étoiles, avaitdéveloppé un cadran solaire à réflexion indiquant les jours et les heures par le reflet du soleil sur une voûte savamment annotée.

J’imaginais alors le bloc comme une chambre poétique de mémoire, où la course du soleil, réfléchie par deux infimes miroirs savamment scellés, révèlerait aux murs et plafonds les jours sublimes délicatement signés.

A peine perceptible, une constellation de points symboliserait des jours confiés, dont la nature serait consignée dans un recueil, et que le reflet du soleil ferait scintiller en leurs anniversaires. Ce recueil serait mémoire des Jours de celles et ceux, personnels et patients, qui voudraient les confier. De leurs ‘Jour des jours’, celui qui donne le nord dans le cours de nos existences (sans en prédéterminer la teneur, certains confiant une naissance, une promesse, un adieu). L’étalon des nuances de nos vies.

Ce livre des Jours, recueil d’instants intimes et suspendus, placé sous le ciel peint des constellations qu’il dessine, serait à jamais ouvert à de nouveaux fragments, à de nouvelles étoiles de la mémoire individuelle et collective.

Cliquer ici pour en savoir plus

Lien vers le site de Laurent Derobert

Violaine Lochu, artiste

 

 

 

 

 

 

 

Invitée à l’Institut Bergonié, centre de lutte contre le cancer situé à Bordeaux, la performeuse vocale Violaine Lochu s’intéresse aux différents types de discours et aux gestes qui gravitent autour du corps des patients.

Les discours, en se superposant, se complétant, se contredisant parfois, tissent une trame langagière et gestuelle spécifique à l’univers du soin : discours médical (médecins, spécialistes, parfois peu accessibles au patient), discours de médiation (infirmières, psychologues, hypnothérapeutes…), discours réflexif du patient lui-même, discours projectif de ses proches, discours « autres » (personnel de l’hôpital par exemple). Comment les corps des patients et des patientes entrent-ils en résonance avec ces différents niveaux de discours ? Quel type de corps tel ou tel discours produit-il (dimension performative) ? Violaine Lochu observe et documente les différents gestes de soin réalisés par des brancardiers, infirmières, aides-soignantes, kinésithérapeutes et médecins qui sont en relation directe avec le corps des patients. Dans quels rapports ces discours et ces gestes coexistent-t-ils (contradiction, inhibition de l’un par l’autre, déni, déploiement simultané…) ?

La première étape de la démarche de recherche poursuivie par Violaine Lochu a ainsi consisté à mener une série d’entretiens auprès de différents acteurs de l’hôpital (patients, soignants, familles, bénévoles, personnel administratif et paramédical…). L’artiste envisageait de créer une performance incarnée par elle-même, à même de rendre compte – nécessairement subjectivement – de cette pluralité. Détournement, recomposition, effacement, superposition… Autant de voies formelles pour tenter de créer de nouveaux récits, de nouveaux modes de langages, de nouvelles manières d’appréhender les corps dans une recherche d’« empowerment » (redonner du pouvoir sur) et de réinvention.

Suite à cette première expérience et aux échanges avec Vanessa Desclaux et Arnaud Théval, Violaine Lochu a précisé son souhait d’engager des discussions avec des patients et des patientes, quelque que soit là où ces personnes en sont dans leur parcours de soin. La conversation amènerait chacune d’entre elles à parler de son expérience de la maladie, la manière dont celle-ci a bouleversé leur rapport à leur vie passée, présente et future. Il s’agirait de penser la maladie comme une expérience de transformation sur le long terme plutôt que comme événement bref. En cela remettre en question les notions de rémission et de guérison. Les volontaires (hommes ou femmes) pour participer au projet seraient amené.e.s à parler de tous les sujets en lien avec le cancer, incité.e.s à l’association libre. Violaine Lochu, qui a souffert d’un cancer, s’intègrerait aussi à ce groupe. Ces conversations seraient retranscrites sous la forme de dessins, proche de cartographies mentales.

Violaine Lochu concevra une performance à partir de ces différentes conversations.

Lien vers le site de Violaine Lochu

Les petites musiques du chemin

 

 

 

 

 

 

 

 

Les caprices de Marianne

Les sonorités du chemin – n°1

Les caprices de Marianne ont réalisé lors d’une résidence de quelques mois un travail sonore dans l’un des services de l’Institut. Dans le cadre de « Art et Hospitalité » à l’Institut Bergonié, « Les caprices de Marianne » réalise un documentaire sonore dans le service des blocs opératoires. Cette création initie la collection sonore intitulée « Les petites musiques du chemin de sa personne ». Initié en 2020, ce projet est une histoire de rencontre. Celle, tout d’abord entre l’équipe culturelle de l’Institut Bergonié et notre association qui porte la musique classique partout et pour tous. Celle, ensuite, entre les sonorités, les émotions, la richesse du répertoire classique et l’environnement sonore du bloc opératoire. Du témoignage de ses habitants également, des sentiments qui s’en dégagent.

De cette rencontre est né ce reportage sonore et musical, fruit d’heures passées en immersion dans le service, pour en capter les sons et recueillir les témoignages des soignants qui l’animent tous les jours. Il est à l’image de nos deux univers : intense et émouvant.

Description de l’objet sonore

Durée : 25 minutes Auteur : Olivier Delaunay

Témoignages : Isabelle, Stéphanie, Redouane, Xavier, Jonathan, Élisa, Bernadette, Emanuelle

Œuvres musicales du documentaire sonore :

  • Haydn, Les Sept dernières paroles du Christ en croix, I. et II.
  • Dvoràk, Quatuor n°10 en Mi bémol Majeur
  • Chostakovitch, Élégie pour quatuor à cordes
  • Debussy, La fille aux cheveux de lin
  • Ravel, Pavane pour une infante défunte
  •  W-A. Mozart, Divertimento KV 138 en Fa Majeur

Oliver des Caprices de Marianne

 

 

 

 

 

 

Les recettes gourmandes du chemin

Ce livre est un récit de la relaton entre un chef, des patients et une institution hospitalière. L’enjeu du livre est de raconter comment se (re)construit le chemin vers le désir du goût.

Prendre soin du goût des autres.

Dans « le geste de cuisiner » s’engage « un prendre soin » des relations, une forme d’attention à l’autre. L’enjeu de ce livre d’art, est la valorisation de ces rencontres qui se sont passées dans un atelier entre un cuisiner, le Chef Jésus, des patients, des accompagnants, des soignants et des bénévoles d’un hôpital, l’Institut Bergonié. Au fil des années, plusieurs convives se sont invités à la table du Chef en apportant chacun une histoire individuelle pour en faire un chemin collectif. La tache du Chef n’était pas facile : comment face à la perte de goût et de créativité, l’hôte « le plaisir » pouvait à nouveau être convié ?  De fil en aiguille, des secrets de recettes et d’astuces de préparations se sont mijotés, expliqués pour le plaisir des yeux et des papilles de tous.
Aujourd’hui le récit de se travail se dévoile à nous, et pas n’importe comment. Il s’inscrit dans un projet global : artistique, éthique et esthétique.
En effet l’œuvre architectural et plastique « le chemin de sa personne », réalisé part l’artiste Arnaud Theval à l’Institut Bergonié, renforce la philosophie de ce travail en invitant la communauté hospitalière à se connecter à des invisibles de la relation, du goût, de la vie, de  la rencontre. Ici la question de l’alimentation et de la nourriture devient un enjeu commun entre des patients, des soignants. Et pour que l’alchimie transperce, un cuisinier gourmand de rencontres et d’émotions, fait que dans des chemins de soins, l’appétit de la vie se vivifie et se raconte. Car l’attention au soin passe également par la capacité à se mettre ensemble à table, pour s’écouter et parfois même trinquer face aux défis que la vie nous impose.
Alors « buon appetito a tutti »  et merci à ceux qui relient nos goûts, nos pensées et nos couleurs du monde, au delà des murs d’une hôpital, grâce des bénévoles qui organisent ces temps d’hospitalités.

Laura Innocenti

13 décembre 2022

 

 

 

 

 

 

Les vitrines du chemin

Venez exposer vos créations !

Les vitrines accueillent une programmation mensuelle constituée des créations des personnels de l’hôpital, des patients et d’invités. 

Ces expositions modestes constituent un point de départ pour envisager une visiblité des créations de chacun.

Il vous suffit de proposer vos créations aux deux personnes bénévoles en charge de la programmation : Christine et Anne-Sophie 

Chaque jeudi matin, une permanence se tient à l’ERI (passage du cœur battant). Venez partager vos créations ou par messagerie

Contact projet exposition : krystinnh@live.fr / sophie2r@outlook.fr

 

Les modalités

Toutes les formes de création sont acceptées.

Chaque exposition est présentée un mois.

Chaque exposant prête une création à l’Institut dans l’objectif de créer à terme une exposition collective (création d’un catalogue annuel).

Format des vitrines

Hauteur : 80 cm
Largeur : 30 cm
Profondeur : 20 cm

Contact ERI
Laura Innocenti
05 56 33 33 54

Les rencontres du chemin

Croisant divers enjeux liés à l’éthique, à la réflexion sur la laïcité ou encore la place des acteurs dans l’institution, le chemin est un espace public à partir duquel les questionnements sont proposés et permettant une articulation des idées et un croisements des acteurs.

1. Qui ?

Qui accompagne qui  ?
Qui décide quoi  ?

Texte, photos, protocole et débat
Institut de lutte contre le cancer, Bergonié à Bordeaux 2022

La cellule éthique de l’institut Bergonié se saisit de l’opportunité de la célébration de la loi Kouchner sur les droits des patients, pour une mise en perspective dans le quotidien hospitalier. Invité à réfléchir avec eux sur les modalités de mise en œuvre du débat dans l’institut de lutte contre le cancer, je propose un protocole s’appuyant sur des extraits du texte de la loi et un court texte relavant des points critiques dans son application ou son interprétation. Une affiche est conçue puis des équipes de soignants s’installent dans les salles d’attentes des différents services pour débattre avec les patients. L’affiche devient le support de réception des points de vues, chacun.e écrit dessus. Puis l’ensemble des affiches produit le contenu permettant de structurer le débat à venir. La collection d’affiche appropriée par les mots des usagers de l’hôpital et le débat qui s’en suit deviennent l’œuvre «  Qui accompagne qui  ? Qui décide quoi  ?  ».

Texte en vis à vis des articles de la loi
«  L’inscription dans la loi ne lève pas l’enjeu paternaliste de la relation. Sauf si ce n’est pas une réalité sur le terrain… Il y a un enjeu de pouvoir car le partage du pouvoir détenu par le médecin n’est pas si aisé. Les enjeux sont forts, la guérison, les séquelles, la mort et le médecin n’est pas lui-même très éclairé au sens psychique. La loi nous dit que le médecin n’est plus le seul sage. L’esprit de la loi c’est le partage. Et face à ce fait là, le médecin est démuni (?) et il ne sait pas bien faire culturellement. Il doit consentir mais de quelque chose dont il n’a pas la maîtrise.

L’horizon s’ouvre si le médecin consent à apprendre à accompagner, s’il met sa connaissance et sa compétence au service de la personne. Le patient est face à lui-même pour écrire ce qui est intimement, existentiellement ou spirituellement lui tient à cœur…avant qu’il ne puisse plus. Et cela pour éviter l’obstination déraisonnable, mais en même temps il ne faut pas tout faire porter au patient.
Désormais, il faut faire preuve de ce que l’on aurait pas dû.  »

Loi Kouchner 4 mars 2002
« Dans chaque établissement de santé, une commission des relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge a pour mission de veiller au respect des droits des usagers et de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’accueil des personnes malades et de leurs proches et de la prise en charge.  »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2. L’art du dé-placement :

 

Essai sur la question de l’Art à l’hôpital. par Arthur Oldra, géographe. Résultats et perspectives d’une démarche artistique singulière au sein de l’Institut Bergonié

Résumé

Après plus d’une dizaine d’années d’une politique. Culture & Santé tournée vers l’accueil d’un Art éphémère au sein des établissements hospitaliers, l’heure semble être à la réflexivité et à la réinvention d’un modèle plus durable.

Débutée en 2016 et intitulée le chemin de sa personne, la résidence d’artiste de Arnaud Théval au sein de l’Institut Bergonié propose une démarche de discussion de la place de l’Art au sein de l’institution hospitalière. Dans un contexte de reconfiguration et de travaux au sein de l’hôpital, l’occasion apparaît alors inédite et inespérée pour s’approprier spatialement cette place. Le texte retrace la démarche artistique inclusive et contraignante, déstabilisante mais bienveillante qui pousse les acteurs de l’hôpital au déplacement.

De la direction aux patients en passant par les soignants et les bénévoles, l’artiste fait avec tous les acteurs par l’espace de ses installations/expositions. Il en résulte l’aménagement d’un espace carrefour de l’Institut à même d’accueillir autant les futurs dispositifs artistiques que les initiatives locales. En expérimentant un dispositif artistique d’accueil de tous les potentiels habitants de l’hôpital, l’institution fait non seulement le pari de franchir la prochaine étape d’une réinvention de l’hospitalité, mais aussi et surtout d’initier une nouvelle dynamique démocratique.

Rétrospective et prospection

La presse en parle