Le programme CONDOR pour la médecine de précision et l’immunothérapie des sarcomes reçoit près de 10 millions d’euros dans le cadre du 5e appel à projets de Recherche Hospitalo-Universitaire en santé (RHU).

Le consortium CONDOR, porté par le Pr Antoine Italiano de l’Institut Bergonié de Bordeaux, fait partie des 17 lauréats nationaux du 5e appel à projets de Recherche Hospitalo-Universitaire en santé (RHU5) sur 89 dossiers soumis. Ce projet de près de 30M€ va bénéficier d’une dotation de plus de 9,8M€ visant à déployer un projet alliant médecine de précision et immunothérapies pour la prise en charge des patients atteints de Sarcomes des Tissus Mous (STM).

Les STM constituent une famille de tumeurs rares et hétérogènes représentant 1% des cancers de l’adulte et 15% des cancers de l’enfant. Malgré un traitement chirurgical bien conduit, près de 40% des patients vont développer une rechute métastatique. Le traitement standard au stade métastatique n’a pas évolué depuis les années 1970 et repose sur l’utilisation de protocoles de chimiothérapie dont l’efficacité est très limitée avec une survie médiane inférieure à 18 mois. Alors que l’immunothérapie représente désormais une révolution thérapeutique dans la prise en charge de nombreux cancers, elle ne fait pas encore partie à ce jour de l’arsenal thérapeutique pour les patients atteints de STM.

Le projet CONDOR est basé sur un consortium associant trois centres experts dans la prise en charge des sarcomes (l’Institut Bergonié, Gustave Roussy, et le Centre Léon Berard) et l’Inserm à travers le pôle de recherche clinique et le Centre de Recherche des Cordeliers ainsi que trois sociétés françaises reconnues chacune pour leur expertise dans leurs domaines respectifs. Ces sociétés sont en pointe dans leurs domaines d’activité : Domain Therapeutics, acteur mondial dans la découverte et le développement de thérapies anti-cancéreuses ciblant les Récepteurs Couplés aux Protéines G (RCPG), Explicyte, experte dans le profilage tumoral et périphérique multiparamétrique pour la découverte et le développement de biomarqueurs en immuno-oncologie, et Owkin, leader dans le domaine de la pathologie numérique et de l’intelligence artificielle. Certains de ces partenaires collaborent déjà depuis plusieurs années, conférant au consortium une capacité accrue à délivrer des résultats dans les cinq années de financement prévues.

CONDOR adopte une approche unique visant à délivrer un arsenal thérapeutique basé sur une meilleure connaissance du microenvironnement tumoral des STM, des outils prédictifs, des biomarqueurs pour stratifier les patients ainsi que de nouvelles approches immunothérapeutiques. L’objectif ultime est de doubler à terme l’espérance de vie des patients atteints de STM métastatiques. En effet, le consortium va plus particulièrement :

i) établir un atlas immunologique des sarcomes grâce à l’exploitation d’une biobanque de STM unique au monde,

ii) développer des outils d’intelligence artificielle prédictifs de la réponse au traitement,

iii) identifier les signatures immunologiques et développer des tests de biomarqueurs non-invasifs,

iv) développer de nouvelles immunothérapies ciblant les RCPG impliqués dans les réponses immunitaires des STM.

« Ce consortium constitue un espoir immense pour les patients atteints de STM qui restent en attente de traitements efficaces. Je remercie sincèrement l’Agence Nationale de la Recherche ainsi que le gouvernement français de leur soutien à l’innovation médicale et de leur confiance dans le projet CONDOR », indique le Pr Antoine Italiano de l’Institut Bergonié à Bordeaux.

« Ce projet représente une opportunité unique de mieux comprendre l’impact du système immunitaire dans la physiopathologie des sarcomes et de pouvoir ainsi développer des stratégies de traitements innovantes et efficaces », déclare le Pr Wolf-Hervé Fridman, du Centre de Recherche des Cordeliers à Paris.

« Nous sommes heureux de participer à ce projet qui, on l’espère, va permettre de faire bouger les standards de traitement pour ce type de cancer au pronostic si sombre », ajoute le Dr Sophie PostelVinay de Gustave Roussy à Villejuif.

« Le RHU CONDOR va nous permettre d’accélérer les connaissances dans le domaine de l’immunothérapie des sarcomes et de proposer des approches thérapeutiques innovantes changeant le pronostic de nos patients », affirme le Dr Armelle Dufresne du Centre Léon Bérard à Lyon.

« Devant la complexité des mécanismes de résistance aux traitements, la médecine de précision, à travers les approches de biomarqueurs, offre un avantage évident pour proposer des traitements adaptés à chaque patient », ajoute Alban Bessede, Directeur Général d’Explicyte.

« Nous sommes ravis de pouvoir apporter notre expertise en intelligence artificielle au projet CONDOR. L’hétérogénéité des STM et la très grande quantité de données qui sera générée par le consortium nécessitent la mise en place d’une stratégie de machine learning qui est incontournable dans la médecine de demain », explique Charles Maussion, Directeur des biomarqueurs chez Owkin.

« A travers CONDOR, nous allons délivrer plusieurs candidats visant à réarmer le système immunitaire en ciblant des RCPG impliqués dans les mécanismes immunosuppressifs. Ces nouvelles immunothérapies feront partie intégrante d’une stratégie de médecine personnalisée pour un plus grand bénéfice patient », ajoute le Dr Xavier Leroy, Directeur scientifique de Domain Therapeutics.

Retrouvez également le présentation de CONDOR par le Professeur François-Xavier Mahon directeur général de l’Institut Bergonié.

Pour consulter le communiqué de presse en français, cliquez ici.

Pour consulter le communiqué de presse en anglais, cliquez ici.

Retrouvez notre playlist YouTube CONDOR pour plus d’informations, en cliquant ici.